Marie-Joelle Gros, journaliste à Libération et déjà auteure d’articles sur les nouveaux radins, vient de leur consacrer un livre.
« Devenez radin. » Quoi ? Encore une injonction idiote ? Cette fois, c’est une pub dans le métro qui la lance. Mais, puisque la rigueur s’annonce, la radinerie pourrait bien devenir un must be.
Et les radins vivre au grand jour. Ils vont pouvoir se vanter d’envoyer le courrier systématiquement au tarif lent, de lancer des lessives seulement pendant les heures creuses et de ne jamais s’arrêter à la première pompe à essence sur l’autoroute. Oui, les radins pourraient avoir bientôt tout le loisir de vous faire bouffer des produits périmés et de récupérer des sacs congélation sans avoir à se justifier. Pas d’affolement. Pour l’instant, le radin vit encore planqué. Il se dévoile au milieu de ses pairs sur Radins.com, eBay ou Priceminister, des sites web qui lui offrent de réaliser des économies même en dépensant de l’argent. Au fait, à quoi reconnaît-on un radin? « Pas seulement à sa mine crispée au moment de payer, témoigne une avocate. Il faut regarder leurs porte-monnaie. Ceux des vrais radins ont un système de fermeture compliqué, qui blesse les doigts quand on l’ouvre. » Pardonner n’est pas du tout dans notre intention. Rappelons que l’avarice est l’un des sept péchés capitaux, pourquoi serions-nous plus magnanimes que Dieu lui-même? L’idée, c’est davantage apprendre à démasquer ces mauvais jouisseurs afin de cesser de payer à leur place. Les contraindre à voir la réalité en face. Car rarement radin avoue radiner.
Cet ouvrage est avant tout une sorte de manuel de survie à l’usage de ceux qui, par excès de générosité peut-être, souffrent de la radinerie des autres. Lisez le livre.
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